• Maladies et Soins du chardonneret .

    LA TRICHOMONOSE

      

    Il y a quelques années, j'avais quelques oiseaux qui se sont démunis de plumes sur le pourtour des yeux, je pensais à une trichomonose, maladie des pigeons ou des canaris mais comme ils semblaient en bonne santé je ne m'inquiétais pas trop en pensant que quelques bons bains allaient régler le problème..... Cependant je fis un traitement avec de l'Alazol, qui n'apporta guère d'amélioration.

      

     La Trichomonose chez le chardonneret .  

     L'oiseau a perdu les plumes autour des yeux,

     sa  conjonctive  est  enflammée,  il est porteur de la maladie.

      

    C'était la première fois que je rencontrais cette maladie chez le chardonneret, mais comme c'est un fringillidé  il peut y avoir infection, d'autant que souvent les éleveurs en ont en volière avec des canaris. Un porteur seul suffit à infecter l'élevage. 

    Après sa migration dans les sacs aériens, le Trichomonas perd son flagelle et reste localisé dans cette région. La gêne occasionnée par la colonisation progressive des sinus et des sacs aériens proches entraîne des démangeaisons et des difficultés respiratoires chez les oiseaux atteints, gêne à l'origine des frottements répétés des yeux sur des perchoirs infectés.Il est fortement probable que l'oiseau se surinfecte (avec les bactéries de l'environnement et en particulier les fientes) de cette manière. En l'absence de traitement, les abcès se développent jusqu'à entraîner des troubles respiratoires sévères et une anorexie, principalement due à la baisse de la vision (fermeture des paupières comprimées par le gonflement des sacs aériens qui les entourent) et la fatigue de l'animal. Ce manque d'oxygène et d'alimentation entraîne rapidement la mort de l'oiseau.

    Nous l'avons rencontré également dans un élevage de diamant de Gould ou l'éleveur avait des pertes importantes qu'aucun traitement ne réduisait. En cinq jours avec le traitement des canaris tout est rentré dans l'ordre et il n'a pas eu de perte d'oiseaux depuis. 

    La maladie 

    Il s'agit en réalité de l'infection des sacs aériens (Sinus) dont l'infection a pour origine un trichomonas. Les canaux conduisant aux yeux véhiculent un liquide jaunâtre  (très peu, le pus chez les oiseaux étant consistant et très peu liquide). 

    Le traitement d'un Docteur vétérinaire de l'institut de Nantes spécialiste des maladies des oiseaux a été le plus efficace et le moins nocif, car il n'affecte pas la fécondité contrairement à d'autre médicaments. 

    Concernant l'infection, le traitement. Donner dans l'eau de boisson 10 ml de MYCOLICINE du labo VIRBAC dans un litre d'eau pendant 10 jours. 

    Concernant les trichomonas 1 dose de TRICHOREX poudre solution orale dans deux litres d'eau pendant 10 jours. Isoler les malades dans une même cage ou volière. 

    Désinfecter au début du traitement et à la fin. Lavage des perchoirs avec de l'eau additionnée de VIRKON  labo Antec et pulvérisation des volières sans les oiseaux. Laisser sécher et remettre les oiseaux. 

    Pour ceux qui ont des problèmes aux yeux appliquer deux à trois fois par jour de la pommade STERDEX. 

    Après un traitement de 8/10 jours, quelques semaines plus tard, les oiseaux ont retrouvé leurs plumes perdues autour des yeux, Je pense à l'époque avoir été victime d'une surpopulation d'oiseaux dans un espace réduit , et cette maladie qui a touché quelques oiseaux en a été la conséquence, donc attention à la concentration ainsi qu'à l'hygiène quand les oiseaux sont nombreux en volière.Un nettoyage périodique, mais rapproché des perchoirs et des augets s'impose. Depuis cet incident, je fais très attention au nombre d'oiseaux en volières surtout lors des rassemblements après la mue des jeunes oiseaux.

      

    Cardueline13. (Article paru dans la revue  les Oiseaux Du Monde)

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    L'éradication des poux dans les élevages d'oiseaux. 

    D'après un grand nombre d'éleveurs, beaucoup ont eu cette année une recrudescence de poux gris ou poux rouges dans leur élevage.Les séances de grattage fréquentes sont le résultat de la présence de ces Arthropodes parasites des cages et des volières. Aujourd'hui, la lutte contre sa destruction fait l'objet de tous les moyens possibles mis sur le marché. Avant tout, il existe plusieurs moyens de lutte contre ce fléau. Je vais essayer de parler des plus connus. Sur les 350 produits existants sur le marché avant l'arrivée de l'Europe, il n'en reste aujourd'hui à peine le tiers; presque tous les produits utilisés auparavant plus ou moins nocifs pour les nappes phréatiques, ou représentant un danger pour la santé ont été retirés du marché et remplacés par des produits "verts". La question que l'on se pose: Sont ils aussi efficaces que les précédents?

    Tous ces produits sont à base de pyrèthre ou pyréthrines naturelles un insecticide végétal.(Le pyrèthre, est un insecticide végétal qui est extrait des fleurs séchées de chrysanthème ou de pyrèthre de Dalmatie (Tanacetum cinerariifolium). Le Kenya étant le plus gros producteur de pyrèthre suivi par la Tanzanie. Le terme "pyrèthre" désigne la poudre extraite des fleurs séchées du chrysanthème tandis que le terme"pyréthrines" désigne les six composés actifs contenus dans cette poudre.

    Produits du Commerce:  Insecticide Saniterpen poudre au Pyrhètre végétal; Solupoux  (Ferme de Beaumont) en bombe, Fulgator; Kapo, Stop poux, Ces aérosols conviennent pour un usage des cages nettoyées désinfectées pour une rémanence de plusieurs mois. Il est évident que les oiseaux doivent être enlevés lors de ces traitements et réintroduits les cages séches. 

    Il existe des solutions à la Permethrine. Bactericides Virucides Insecticides pour désinfections desinsectisations des locaux, poulaillers, cages, par projection ou trempage du matériel. Subito....etc (Mefisto) 5L.                                                           

     

      Traitement des poux .     

    Insecticide pour élevage Produit de la marque: ( éco actif ) 5L  sans odeur à effet choc, solution à la Permethrine. Insecticide prêt à l'emploi polyvalent. Détruit tous les insectes volants et rampants: Mouches, moustiques, acariens, puces, poux, tiques... Produit sans odeur à effet choc et longue rémanence.Lors de cas d'infestations importantes, je pense que seuls les fumigènes à action destructrice des oeufs et des lentes de tous les rampants reste vraiment efficace, et serait à mon avis le passage obligé pour ce débarrasser de la "vermine". Dans ce cas, il faut sortir tous les oiseaux de l'élévage, sortir les cages les nettoyer, les désinfecter, ouvrir tous les meubles et tiroirs,du local sortir tout le matériel, augets, ramequins...etc Isoler les orifices extérieurs, percuter le fumigène, laisser agir 4 à 8 heures, àérer copieusement puis réintroduire les oiseaux deux jours plus tard sans auparavant ne pas avoir oublié de les traiter un par un soit avec un aérosol préscrit par un vétérinaire, ou bien un gros poudrage anti-poux avec le produit de votre choix. Pour ma part j'utilise le Carbaryl restant que j'avais acheté avant son interdiction, donc, je finis le stock, après un bon poudrage, une goutte d'Ivomec (Ivermictine) derrière la nuque avec un coton tige pré-imbibé et c'est suffisant.(Produit très cher 75 à 80€ le petit flacon de 150 ml environ).Les produits anti-poux n'ont pas plus de 3 mois de rémanence, donc il faut en permanence veiller à poudrer ou pulvériser les endroits susceptibles de cacher la vermine, lors de la période des nids, on peut aussi passer la charpie au savon de Marseille la laisser bouillir, la sortir, l'essorer sans la rincer, l'étaler pour la faire sécher au grand air; en effet le savon éloigne efficacement les poux, de plus après la confection du nid, Ne pas hésiter à soupoudrer copieusement le nid et ses alentours  

               

    Traitement des poux .

     

    Actuellement la plupart des insecticides du commerce se situent dans quatre grandes familles: 

    Insecticides de synthèse. 

    Les organos-chlorés (DDT, HCH, Lindane,..) Ce sont des insecticides de contact : aucun n'a besoin d'être véhiculé par la sève dans les végétaux pour agir sur les insectes qui les mangent.Très utilisés de 1940 à 1970, ils sont en très nette régression.

    Les carbamates (Aldicarbe, Méthomyl,..) Ce vaste groupe regroupe les dérivés de l'acide carbamique, comprenant aussi un grand nombre de fongicides et d'herbicides.

    Les organos-phosphorés (Dichlorvos, Chlorpyriphos,..) Les organophosphorés (OP) sont des pesticides utilisés en milieu agricole comme insecticides.

    Les pyréthrinoïdes (Perméthrine, Deltaméthrine ,..) Les pyréthrines extraits du pyrèthre  sont des composés très instables, ils sont rapidement décomposées par la lumière, l'air et la chaleur, ce sont donc des matières facilement biodégradables.
    - Demi-vie dans le sol : 12 jours
    - Photodégradation (demi-vie) : de l'ordre de 10 à 12 minutes en plein soleil
    - Demie vie : 1,5 jours
    - Produit non détecté après 14 jours
    Nota : La persistance d'action est augmentée en l'absence de lumière (UV) ce qui favorise l'emploi des pyrèthrines dans les locaux.Il est considéré comme peu "toxique" sur les animaux à sang chaud.


    Depuis l'interdiction du Carbaryl un produit de remplacement a été commercialisé, il sagit du Pyrevol du Laboratoire BRUNET-WYON.C'est une poudre fabriquée à partir du pyréthre, ce serait un produit naturel. Pour plus de renseignement, il suffit de consulter le site www.brunet-wyon.com

    Même si l'hygiène est sans faille, il faut absolument traiter tous les oiseaux rentrants dans l'élévage, ainsi que les sabots de transports, afin de se protéger d'une sournoise contamination c'est impératif,

     


  • Après les grandes satisfactions de réussites, cet hiver a été assez dur pour mon élevage. Deux femelles n’ont pas survécu à la coccidiose. L’hiver ayant été relativement froid, deux femelles major habituellement en forme se tenaient en boule sur des cardères, elles ont froid me suis-je dit… J’ai augmenté légèrement le mélange en graines riches, tournesol, niger et onagre. Les oiseaux appréciaient ce nouveau mélange car le froid était là, ces calories supplémentaires étaient les bienvenues, les oiseaux mangeaient plus. Le soir les mangeoires étaient vides, les graines étaient mangées dans la journée, vers 16h30, je donnais la ration journalière pour le lendemain. L’alpiste, toujours à disposition était partiellement ingurgité. Une femelle avait un comportement bizarre, et cette façon de se tenir en boule ne lui était pas habituelle….Le froid d’accord, mais aussi les prémices de cette redoutable maladie, je ne peux dire avoir négligé leur alimentation, car tous étaient aux même soins. Les deux femelles devenaient maladroites, au moment de se percher, ce comportement est typique du facteur coccidiose. Je les ai attrapées, et mises au chaud dans une cage de 60x60 avec un traitement "Esb3" de prévention, j’ai compris que le traitement aurait dû être plus puissant. J’en portais la responsabilité, et cette perte m’a ouvert les yeux sur la nécessité de faire un traitement trimestriel surtout durant l'hiver, et lors du regroupement des jeunes. Je ne suis pas pour un traitement mensuel comme le pratiquent beaucoup d’éleveurs habitants des pays pluvieux et humides l’hiver. Parvenir à établir une souche hyper résistante à la maladie est probablement le rêve de tous les éleveurs de fringillidés, je pense que cette habitude de traitement mensuel à pour effet de réduire les capacités de guérison quand l’oiseau est très malade. Cette femelle, de trois ans n’avait fait l’objet d’aucun traitement médical. Aucun médicament, en dehors de l’utilisation minimum de probiotiques dans la pâtée pour l’élevage des jeunes, avec un apport régulier de plantes sauvages. Je pense que l’observation des oiseaux doit suffire pour l'administration d'un traitement. J'ai constaté qu’une période d’inattention peut être fatale. La 2eme femelle est morte quelques temps plus tard, elle souffrait d’entérite depuis quelques temps et avait nécessité plusieurs traitements d’antibiotiques qui l'avaient affaiblie compromettant son rétablissement. Accepter quelques pertes fait partie des risques pour tous les éleveurs. Des maladies contagieuses comme la variole ont décimé des élevages entiers. C’est avec une hygiène maximale que l’on évitera partiellement ces maladies, ainsi que les épidémies, une nourriture saine, l’absence de courants d’air, une observation intelligente des oiseaux. Contre la coccidiose, seule une hygiène très rigoureuse reste le plus sûr moyen de lutter contre ce fléau sans l’administration de traitement de prévention. Désinfection des perchoirs, changement des branchages, lavage des augets, ramequins, renouvellement quotidien des augets de boisson, bains réguliers, remplacement hebdomadaire du sable de fond de volière ou cages à cause des coccidies qui survivent sur le sol plusieurs jours. Les perchoirs sont à la base de la contamination, en effet, les oiseaux s’essuient en permanence le bec sur les perchoirs sur lesquels ils se posent, après avoir mangé ; leurs pattes étant souillées par divers excréments, ils se contaminent les uns et les autres par un manque de propreté évident. Tous les soins apportés à une hygiène quotidienne auront pour effet de réduire les risques de maladies de façon significative, et seront indispensables à la santé de nos oiseaux. La coccidiose est une maladie parasitaire très contagieuse, surtout dans les grands élevages où elle peut être à l'origine d'une importante mortalité. C’est une maladie grave due à un protozoaire microscopique, qui est un parasite unicellulaire appelé "coccidie" du genre Eimeria. Le développement de cette coccidie se fait en deux phases : Les œufs de ce parasite se développent dans le sol, deviennent infectants. La seconde phase, après ingestion par l’oiseau, se déroule dans l'intestin. La multiplication massive des coccidies entraîne des phénomènes inflammatoires à l’origine de troubles digestifs importants. L’évolution de la coccidiose dans un élevage est influencée par la capacité des œufs de ces parasites (appelés 0okystes) à vivre et à survivre dans le milieu durant plusieurs jours. Les oiseaux sont sans appétit, immobiles et présentent un plumage hérissé. Souvent on observe une diarrhée. Un amaigrissement est noté sur les oiseaux atteints de coccidiose chronique. La mortalité est très forte chez les jeunes et les intestins sont atteints. Il existe dans le commerce en France comme à l’étranger des anticoccidiens dont l’utilisation s’avère nécessaire, soit pour les éleveurs qui traitent leurs oiseaux en préventif, soit en soin curatif ; la dose passe du simple au double, dans le 2eme cas de figure et parfois deux fois et demi la dose normale, pour traiter les cas de la dernière chance. Nous trouvons ainsi : Coxi-plus; Ocecoxil; Baycox; (l’Esb3 de fabrication Suisse des laboratoires Novartis; non autorisé en France dans les élevages de volailles). Beaucoup d’autres produits sont utilisés chez les éleveurs industriels, qui sans aucun traitement perdraient de toute évidence toutes leurs volailles d’élevage, poulets, dindes, pintades…Le traitement est de 4 à 5 jours, arrêt 2 jours et reprise 3 jours; certains éleveurs donnent 5 jours sans interruption. Donner des vitamines à l’issue du traitement durant trois jours ; principalement  la vitamine K1 que l’on trouve dans les légumes verts comme le brocoli ou l'épinard, et la vitamine K2 que l’on trouve dans les huiles de poissons. Attention, sachez que de fortes doses de vitamine E peuvent inhiber l’effet de la vitamine K ; puis donner un complexe poly-vitaminé ainsi que des ferments lactiques pour recomposer la flore intestinale de l’oiseau. Respecter le dosage indiqué sur les notices de ces produits. Il existe dans certaines pharmacies la possibilité d’avoir des gélules vierges calibrées au ½ gramme, ou 1/ gramme, ceci afin de faire un dosage correct et précis, et non pas au pif sur la pointe d'une lame de couteau. Un dosage de vinaigre de cidre sera donné en fin de soins afin de ré-acidifier le proventricule de l'oiseau environ une à deux fois / semaine à raison d'une cuillère à soupe / L d'eau. Cette médication ne nuit pas à la fertilité des mâles ainsi que celle des femelles, contrairement aux dires de certains opposants qui disent non sur les forums, mais qui l'utilisent malgré leur farouche opposition... Je pense rester dans le "minimum de médicaments" en donnant un sésame sur une maladie qui engendre des pertes parfois sur des oiseaux de grande valeur à l'achat ainsi qu'à l'élevage. Le plus important étant de le signaler lors de la cession de jeunes oiseaux, ça me parait plus honnête. Chacun en tirera les conclusions qui s'imposent et fera comme il en a envie. Il existe à ce jour pour les volailles, un vaccin anti coccidien, est-il adapté pour nos petits amis ? Il faudra poursuivre ces investigations qui me semblent du plus vif intérêt. Quand aux vertus anti coccidiennes de la graine Fonio Paddy si elle avait le moindre impact positif sur la maladie ça se saurait depuis bien longtemps! Je crois que ses vertus sont davantage liées à la rentabilité qu'à un pouvoir magique.                                                                                                                            


  •  Introduction :

    A l'origine ne concernant que les perroquets Aras cette dégénérescence du système neurovégétatif digestif s'est rapidement étendues à quasiment toutes les espèces d'oiseaux avec plus ou moins de fréquence et d'intensité. C'est un syndrome de dépérissement de l'oiseau dont l'origine est une dilatation inflammatoire au niveau du pro ventricule gastro-intestinal. L'origine infectieuse de cette inflammation est mal déterminée, vraisemblablement  elle est multiple et fait intervenir une certaine synergie microbienne à la fois virale (paramyxovirus) et bactérienne (mégabacteries).

    Diagnostics différentiels :

    Cette inflammation peut être due à un corps étranger ou à une tumeur responsable d'une gastrite. Il peut aussi parfois s'agir d'une parasitose nécessitant un simple traitement vermifuge ou anti-protozoaire. Si les deux cas précédents peuvent expliquer les cas isolés au sein d'un élevage il sera impossible de les traiter. Le facteur parasitaire qu'il s'agisse de vers ou de protozoaires lui peut être combattu et guéri. Enfin les candidoses peuvent provoquer les mêmes symptômes que la proventriculite. Ce qui expliquerait le rapprochement de l'évolution de cette maladie de celui d'une mycose. Le candida albicans étant une levure pathogène micro organisme situé à la frontière entre les champignons et les bactéries. Il faudra dans ce cas utiliser un traitement antifongique à base de ketoconazole ou de Fluconazole. Rappelons ici que la proventriculite peut aussi tout simplement être d'origine digestive, sans paramètre infectieux, consécutive à une alimentation trop riche et difficilement digérable (pâtées trop grasses ou excès de graines noires). C'est dans ce cas un simple symptôme que l'on pourra faire disparaitre sans conséquences systématiquement morbide pour l'oiseau. Ce déséquilibre digestif étant évidement un facteur aggravant de la vrai proventriculite à mégabactérie.

    Symptômes:

    Mise en boule fréquente
    Plumage ébouriffé et rugueux
    Amaigrissement progressif, bréchet saillant (« lame », « couteau »)
    L'appétit et donc l'alimentation reste normale voir abondante.
    Ventre rouge et gonflé.
    Le bec prend parfois une couleur bleutée.
    Diarrhée nauséabonde.
    Fientes présentant des graines entières non digérées.

    L'autopsie révèle une Inflammation du pro ventricule qui se remplit de mucosités et gonfle (hypertrophie). Il se dilate et se congestionne. On observe parfois des régurgitations pouvant présenter des traces de sang ainsi que des troubles d'ordre neurologique : Difficultés à se percher, mouvements anormaux de la tête, boiteries et autres troubles de la coordination.

     Commentaires:

    La maladie est de plus en plus fréquente et revêt des formes de plus en plus souvent variables quand à sa transmission et à son évolution. Même si la principale victime reste le canari, toutes les espèces d'oiseaux sont concernées. Le nombre d'espèces présentant de plus en plus souvent cette maladie est en constante augmentation. Un facteur génétique semble faire que certaine souches d'oiseaux y serait plus sensible que d'autres. La composante virale serait apparemment le plus souvent à l'origine du problème en provoquant une dégénérescence neurologique du proventricule , du gésier et d'une partie de l'intestin. Les graines non broyées stagnent dans le système digestif et une fermentation excessive favorise la chute de l'acidité gastrique(le ph passant de 2-3 à 6-7) et donc le développement des microbes. L'acidification gastro-intestinale sera un des moyens pour limiter l'évolution de la maladie. C'est à ce niveau qu'interviennent les bactéries, souvent megabactérie (bactérie de grande taille en forme de baguettes entourée d'un épais mucus) d'où l'autre non de la proventriculite: La mégabactériose. L'évolution symptomatique de la maladie se rapproche alors souvent de celui d'une infection par champignon mais il ne faut pas s'y méprendre les antifongiques utilisés seuls ne seront d'aucun secours. Cette flambée bactérienne dans les voies digestives ne serait donc déjà qu'une infection secondaire au même titre que la plupart des colibacilloses et salmonelloses. Les mégabactéries se comportant dans le cas de la proventriculite comme les germes opportunistes précités. Leur « opportunité » à elle étant la dégénerescence du pouvoir de contraction du proventricule qui entraine stagnation d'aliments  non digérés favorisant les fermentations la diminution des sécrétions d'acide gastrique et donc la chute de l'acidité digestive. La proventriculite serait donc un nouvel exemple que si les infections secondaires bactériennes sont bien la cause de la mort, elles ne sont pas en fait à l'origine même du problème. Il y a longtemps que je suis persuadé que les difficultés infectieuses que nous rencontrons en élevage sont souvent liées à des infections primaires virales ou a des variantes d'infections virales classiques dont les symptômes atténués ou modifiés nous déroutent complètement vu les difficultés du diagnostic en ornithologie. Cela incrimine encore un peu plus les virus dont les capacités de mutations sont sûrement à l'origine de ces « variantes » pathologiques de maladies classiques. Par exemple nous connaissons depuis longtemps différentes variantes de la variole: La forme foudroyante, la cutanéo-muqueuse etc. Certaines formes à symptômes atténués (pertes de plumes périocculaires accompagnées de dépérissement) atteignent les adultes dés le début  de la saison de reproduction voir même avant. Evidemment lorsque l'on est en présence d'une infection virale primaire, on pourra utiliser tout les antibiotiques existants cela ne servira qu'a éviter sur le moment (quand on y arrive) l'infection secondaire et donc le décès de certains malades. Par contre la virose responsable ne sera pas éradiquée et ce ne sera qu'une question de temps pour que le problème se renouvelle voir s'intensifie.

    Evolution:

    L'évolution est parfois comparable à celle d'une mycose (champignon). Cela étant vraisemblablement du à une surinfection par candidose. La maladie évolue généralement sur 8 à 12 semaines, parfois moins chez les jeunes en croissance (4 semaines) mais parfois plusieurs mois. Sans traitement l'issu de la proventriculite à mégabactérie sera systématiquement la mort. Il s'agit d'une maladie qui lorsqu'elle est infectieuse n'est pas guérie. Les thérapeutiques conduites par l'éleveur n'empêcheront pas les rechutes on peut alors parler de maladie chronique. Les améliorations s'apparentant à des phases de rémission c'est-à-dire des périodes ou l'intensité des symptômes diminue. En dehors de toute composante infectieuse, l'alimentation trop riche peut favoriser l'apparition d'une proventriculite qui sera elle guérie par un traitement adéquat, mais si périodiquement cette alimentation est renouvelée les oiseaux retomberont malades. Il s'agit là plus d'une répétition de la pathologie que d'une chronicité. La distension des parois du pro ventricule fini par aboutir à une sorte d'occlusion, la paroi cède et les mucosités infectées mélangées aux aliments en cours de digestion se déversent dans l'abdomen, ce qui entraine rapidement la mort par septicémie (infection sanguine généralisée). Le pro ventricule qui est une partie de l'estomac ne secrète plus correctement l'acide gastrique nécessaire à la digestion des aliments. Le tractus intestinal ne se faisant plus du fait de la dégénérescence de l'inervation du pro ventricule, les aliments ne progresse plus dans les voies digestives et ne sont plus broyés. Les aliments n'étant plus digérés l'assimilation des nutriments ne se fait donc plus et l'oiseau meurt aussi souvent dans un état d'anorexie très important. Même si le produit miracle n'existe pas plus pour la proventriculite que pour toutes les autres maladies, ce n'est pas l'intensité des symptômes qui fait que l'oiseau est condamné mais plutôt la composante infectieuse et donc l'intensité de l'infection secondaire voir des surinfections. En effet si l'origine du symptome n'est que digestive l'oiseau pourra être sauvé même s'il présente des signes avancés de la maladie. Contamination et incubation: La voie de contamination n'est pas plus connue que la durée d'incubation. Selon les cas et selon les élevages atteints, le nombre d'individus contaminés, leur âge, la rapidité d'évolution de la maladie et la contagiosité sont très variables. Evidemment la voie de contamination orale semble être privilégiée car cette maladie est à classer dans les pathologies digestives. Cela n'a rien de très étonnant car la voie orale représente de toute façon la voie de contamination de prédilection de la majorité des pathologies ornithologiques par opposition à la voie aérienne qui reste plus mineure. Le facteur de contamination par porteurs sains de la maladie est évident. On suspecte aussi une transmission entomophile (par les insectes).

    Prévention :

    -Hygiène et quarantaine (comme toujours !).Un soin particulier devant être apporté à la propreté des litières et à l'usage de traitements préventifs antiviraux en cours de quarantaine.
    Je reformule pour être bien sur que l'information n'échappera a personne: l'infection primaire étant du à un virus, la prévention antivirale devra être, avec l'hygiène évidemment, au coeur de  vos préoccupations pour vous protéger de cette maladie.
    -Pro biotiques (ferments lactiques, reconstituant de la flore intestinale « barrière »levures et autres enzymes) distribués régulièrement voir en permanence même à faibles doses.
    -Evitez les excès de pâtées grasses et de graines oléagineuses notamment noires.
    -Compléments de digestibilité (choline, sorbitol, betaine, inositol, pectines....) hepatoprotecteurs et dépuratifs en cure régulières notamment dans les périodes d'acclimatation alimentaires et les périodes de nourrissage des jeunes qui se caractérisent par l'utilisation de pâtées très grasses et souvent supplémentées (proteines, vitamines à fortes doses et autres énergisant).

    Traitements :

    La maladie à l'origine de l'inflammation bactérienne peut être considérée comme incurable, d'où l'importance des compléments alimentaires de prévention ci-dessus.Les antibiotiques ne permettant dans le meilleur des cas que des rémissions passagères conduisant inévitablement à des rechutes avec aggravation, l'antibiothérapie ayant généralement fatigué l'oiseau. Les seuls traitements utilisables étant ceux destinés à gérer les symptômes : L'Inflammation (Anti inflammatoire), les mucosités (muco-fluidifiants : carbocystéine et acétylcysteine), la mauvaise digestion (choline, sorbitol, betaine, inositol, pectines....) et enfin la prolifération bactérienne dans les voies digestives (acidification gastro-intestinale). Concernant l'amélioration de la digestibilité la part des graines dans la ration alimentaire doit si possible être limitée et l'apport de pectines et de kaolin sera très bénéfique.

    -L'iode et son pouvoir antiseptique gastro-intestinal entre autres anti-diarrhéiques
    peut être utile.
    -L'acide formique (1ml/litre d'eau de boisson) : c'est conservateur largement utilisé
    par l'industrie alimentaire qui diminue le ph gastro-intestinal favorisant donc
    l'acidification digestive ce qui compense la diminution symptomatique de la sécrétion d'acide gastrique lors de la proventriculite et limite le développement des bactéries opportunistes qui ont besoin d'un ph faible. Il est donc bénéfique pour de
    nombreuses pathologies bactériennes notamment néonatales. (Salut au passage à
    mon ami jean-michel E. qui m'a signalé la grande mode de ce principe actif préventif en Belgique)
    -vinaigre de cidre (1c. à soupe / litre 2 jours par semaine)
    - certain utilisent des solutions d'esprit de sel (acide chlorhydrique)
    -traitements vermifuge, anti protozoaires et antifongigues (ketoconazole ou
    fluconazole) pour écarter les diagnostics différentiels et éviter les surinfections
    concomitantes.

    Conclusion :

     
    La composante génétique détermine des souches d'oiseau de sensibilité variable, il est donc évident que des porteurs sains sont responsables de la dissémination de la maladie notamment d'un élevage à l'autre. Tous les oiseaux ont dans leurs voies digestives des méga bactéries et autres germes opportunistes comme les colibacilles et les salmonelles. Ils sont donc en
    quelques sortes porteurs sains de ces microbes. Cela ne pose pas de problème puisque ces germes ne deviendront pathogènes qu'à l' occasion d'un affaiblissement immunitaire de l'oiseau. A nous de les maintenir en forme et de veiller à leur capacités de résistance immunitaires. La durée d'incubation parfois très longue et l'absence de médicaments efficaces rend la meilleure des quarantaines totalement impuissante. La composante virale de l'infection primaire responsable, fait que même les analyses de fientes ne peuvent pas mettre en évidence la présence du microbe. La qualité de l'alimentation, l'hygiène en général et en particulier au niveau des litières sont donc dans ce cas plus que jamais à surveiller (en volière normalement peuplée le risque est moins important).
    Notre ignorance au sujet de la Contamination et de l'incubation est révélatrice de la difficulté à identifier clairement non pas la maladie dont meurent les oiseaux mais la véritable cause à l'origine de l'apparition de cette maladie. On revient ainsi sur la piste des virus. Néanmoins il est clair qu'un seul et unique responsable ne peut pas être désigné. A des degrés différents plusieurs types de microbes peuvent être à l'origine de la maladie et c'est cette diversité de causes qui explique la diversité des formes évolutives de la maladie, de ses différents modes de contamination, des durées d'incubation variables etc.... Si le virus n'est pas le seul coupable il est évident que son rôle d'initiateur est souvent à mettre en cause. Il faudra donc veiller à s'en préserver. J'espère que cette fois le clous est bien enfoncé. J'ai volontairement insisté lourdement sur la prévention antivirale car dans toutes les documentations que j'ai consulté en préparant cet article, il n'est jamais question de prévention à l'égard du paramyxovirus responsable de l'infection primaire à l'origine de la mégabactériose qui ne reste elle que l'infection secondaire et non l'agent causal qui est lui le véritable ennemi à combattre pour faire reculer cette maladie. C'est peut être là la nouvelle piste apportée par cet article qui peut faire évoluer les choses concernant cette maladie. Vous aller me dire : « mais il n'y a pas de médicaments pour les virus ». Il est vrai qu'en plus la difficulté d'identification de ces derniers en fait le « fourre tout » idéal de la médecine qui se dit « moderne » mais qui n'en est pas moins ignorante sur le sujet. En plus, effectivement, l'arsenal thérapeutique antiviral même en médecine humaine est extrêmement limité, à tel point qu'envisager d'utiliser des antiviraux humains pour nos oiseaux reste aussi utopique que ruineux. La solution pour la prévention peut venir des thérapeutiques alternatives comme l'homéopathie et la phytothérapie qui toutes deux associées comme toujours à l'hygiène permettront de mettre toutes les chances de son coté pour éviter la présence de virus. L'acidification préventive de l'eau de boisson et les ferments lactiques guarants de la flore intestinale seront des mesures parallèles bénéfiques pour gérer l'équilibre digestif indispensable à la santé de nos oiseaux. Une autre piste peut être payante en présence de cas sévère c'est celle de l'utilisation d'anti-inflammatoire. Lors toute infection il y a une composante inflammatoire or dans le cas de la proventiculite comme son nom l'indique le problème essentiel vient justement de l'inflammation du pro ventricule. Sans envisager d'utiliser directement les anti-inflammatoires chimiques humains là encore l'utilisation de teintures végétales (harpagophytum) ou de mélanges homéopathiques spécifiques pourra être d'un grand secours dans la gestion des cas épidémiques et/ou violents. Par contre si les anti-inflammatoires permettent de limiter l'inflammation du proventricule, il ne faut pas croire qu'ils seront la solution. Les oiseaux ne peuvent pas plus passer leurs vie sous anti-inflammatoire que sous antibiotique. L'ennemi n°1 reste l'infection primaire virale. S'il ne doit vous rester qu'une seule information sur le sujet c'est : lutter contre les virus que ce soit d'ailleurs concernant la proventriculite ou pour vous protéger de nombreuses autres pathologies de l'élevage moderne. Avec les virus vous venez de découvrir dans cette rubrique un autre de mes « bouc émissaires » avec les antibiotiques. Ce qui me donne l'occasion de rappeler que l'usage inapproprié d'antibiotique sans parler des blanchiments et encore moins de la « supplémentation » permanente en antibiotiques sont autant de facteurs qui fatiguent les oiseaux et notamment au niveau digestif et au niveau immunitaires. Cela les rendant plus sensibles aux virus et plus fragile digestivement. De là à dire que si l'on utilisait moins les antibiotiques à tord et à travers, on aurait moins de problèmes avec la proventriculite il n'y a qu'un pas que je franchis en précisant tout de même que ni l'antibioprévention ni les virus sont les seuls responsables des maladies ornithologiques, mais qu'ils n'en sont pas moins deux facteurs dont il faut très sévèrement se méfier. Certains principes actifs ont été cités sans noms de marque pour des raisons de publicité illégale ou de concurrence déloyale. Je me tiens donc, comme d'habitude, à la disposition de ceux qui voudraient avoir plus de renseignements.

    Un grand merci à Mr Thierry Delestrade pour la qualité de cet article hautement technique et les explications de cette maladie qui est aujourd'hui un véritable fléau dans les élevages de fringillidés.

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